Aujourd’hui

HISTORIQUE DU RENOUVEAU CHARISMATIQUE CATHOLIQUE AU TOGO
Quelques éléments d’ensemble concernant les tout débuts du Renouveau charismatique catholique au Togo.

LA PREHISTOIRE : DU CLUB ‘’RECHERCHE DE LA FOI’’ AU GROUPE DE PRIERE

Octobre-décembre 1973 : Le TRP Pierre Dovi N’Danu-Alipui, alors Directeur du Collège St Joseph, donne à cet établissement scolaire une nouvelle impulsion. Pour permettre aux élèves d’entrer dans une nouvelle dynamique et favoriser le déploiement des talents et des capacités de créativité, il initie des clubs,  des regroupements d’élèves en activités extrascolaires culturelles, spirituelles et sportives.

Le club ‘’Recherche  de la foi’’, club d’option spirituelle, est confié à Mr Maurice Morand, professeur de philosophie et grand séminariste du diocèse de Caen en service de coopération au Collège. La vocation principale du club peut se résumer en ces mots du Psaume : ‘’Cherchez le Seigneur sans relâche, recherchez sans cesse sa Face’’. La vie du club est marquée par diverses rencontres de recollection, de retraite, notamment à Togoville, et de réflexion sur des thèmes liés à la pratique de la foi chrétienne dans nos milieux de vie.

1974 est aussi l’année du grand mouvement des jeunes, rassemblé et animé par la communauté de Taizé, en marche vers le Concile des Jeunes à Taizé. Le club « Recherche de la foi » dont certains membres sont de confession protestante, s’est largement nourri, de cette spiritualité œcuménique de réveil des jeunes. Noé WODUFIA et Emmanuel AMEGBLE participent en 1974 au Concile des Jeunes à Taizé.

Durant les années 1974 – 1976 qui ont suivi, cette même expérience a pris corps au Collège Notre Dame des Apôtres, si bien que plusieurs filles ayant participé à ce club au collège NDA n’ont pas hésité à rejoindre ‘’Recherche de la foi’’ lorsque la mixité des deux Collèges a été prononcé par l’Enseignement Catholique.

La vie du Collège a connu aussi, à un moment donné, sa traversée de crise, moment difficile qui a quelque peu écorché la vie des clubs…

1976 : La quasi-majorité des coopérants qui avaient en charge l’animation des clubs étant arrivés à la fin de leur contrat, sont repartis en France. De plus, plusieurs membres du club « RF » ont obtenu leur BAC et avaient à prendre la route de l’étape universitaire. Il fallait donc assumer la continuité de cette belle aventure des clubs dont ‘’Recherche de la foi’’. La difficile relève de ces clubs n’a pas tardé à se faire sentir…2 jeunes intimement mordus par cette expérience ont pris sur eux de poursuivre l’animation du club et de porter avec d’autres jeunes ses activités et son avenir en comptant vraiment sur la grâce de Dieu. L’un, Bède Lawson-Body en Terminale à St Jo et l’autre, Emmanuel Amegblé étudiant à l’UB. Un intérêt nouveau est né pour ce club qui commençait à se sentir à l’étroit dans son vêtement du Collège S. Jo. Il a alors commencé à s’ouvrir à plusieurs élèves du Lycée de Tokoin dont certains  avaient adopté de fréquenter la Messe matinale de la Chapelle du Collège S. Jo. Cette ouverture n’a pas échappé à la direction du Collège qui a mis à la disposition du club l’encadrement  bienveillant et éducatif de Mr Akué M. Roger, nouveau professeur de Catéchèse au Collège.

Sous l’impulsion de Bède et d’Emmanuel le passage du club se fit alors tout doucement vers un groupe de prière nourri par la spiritualité catéchétique donnée au Collège, de celle de Taizé, de celle des Pères du désert, de la spiritualité bénédictine… Le goût de l’oraison, de l’adoration contemplative, du silence méditatif de la Parole, de la prière partagée faisaient le fondement du groupe dans le Christ.

Courant 1977, un nouveau groupe de prière voit le jour dans la vivante paroisse franciscaine de S. Antoine de Padoue à Hanoukopé suite à la rencontre du P. Charles André Forment et d’Emmanuel A. Les servants de Messe d’alors en étaient les premiers participants. C’est la première conséquence de l’ouverture du groupe de prière de S. Jo qui gardait toujours son nom d’origine de ‘’Recherche de la Foi’’.

Il faut dire que par la suite, après 1978-1980, le dynamisme spirituel de ces deux groupes a entraîné ou fait naître la plupart des groupes de prière dans les paroisses du diocèse de Lomé et aussi ailleurs dans l’Eglise du Togo. Le groupe  ‘’Recherche de la foi’’ reste ainsi la ‘’mère’’ de tous les groupes mais il est le fruit d’une volonté inspirée du directeur du Collège S. Jo, de tous ceux qui l’ont porté et de plusieurs spiritualités qui l’ont engendré et qui ont façonné son style de vie et son expression spirituelle …En cela, l’on pouvait dire qu’il s’inscrivait déjà dans un renouveau de la foi et de la vie spirituelle dans notre Eglise qui ne disait pas son nom…

  1. DU GROUPE DE PRIERE A L’EXPERIENCE DU RENOUVEAU CHARISMATIQUE

1980, un nouvel élan, un souffle nouveau venait saisir et secouer les groupes de prière existants, expérience à nulle autre pareille. Ce fut le temps du renouveau…

En 1977 Emmanuel fait la connaissance de sœur Monique MATTON, sœur de l’Education Chrétienne, fondatrice avec le P. Legendre des groupes de prière ‘’Feu Nouveau’’ de Cotonou au Bénin.  Une amitié spirituelle profonde s’est construite avec sœur Monique, les Feux Nouveaux et les groupes de prière du Togo. Après avoir participé à plusieurs camps-missions initiés par les Feux nouveaux dont celui d’une petite cité lacustre au Sud-Benin, Emmanuel s’est inspiré de cette expérience pour lancer une nouvelle dynamique d’évangélisation itinérante dans les villages du Sud-Togo.

Nous étions habités par une vision à l’ouverture de cette expérience : qu’ « aucun village du Togo ne vive sans avoir une fois entendu parler de Jésus-Christ et de son Evangile ». L’Esprit-Saint orienta étonnamment les pas des groupes de prière vers leur premier camp-mission qui fut réalisé dans le village de Kpomé-Tansi à environ 25km de Lomé. Un camp marqué par une puissante présence et action de l’Esprit Saint. Les jeunes évangélisateurs étaient déterminés dans le témoignage de leur foi, mus par un enthousiasme évangélique et une audace inflexible et inaliénable. Avec assurance et autorité ils annonçaient la Parole de vie et incitaient la population (les chrétiens comme les non-chrétiens) à recevoir le Christ ou à revenir à leur première profession de foi et aux valeurs de leur baptême. Ils n’étaient arrêtés par rien. Ni pour entrer dans les concessions les plus réservées et gardées par les divinités traditionnelles érigées, ni par les réticences à l’accueil de l’annonce de la Parole, ni par les conditions de vie campagnardes et pénibles dont ils n’étaient pas habituées…

Au contraire, ils avaient déployés l’annonce de la Bonne Nouvelle de multiples manières. Par des thèmes d’échange et de réflexion avec la communauté chrétienne sur la foi, la prière, l’engagement chrétien…) ; Par des visites dans les maisons pour apporter Jésus, le connaître, recevoir son salut ; Par la proximité concrète avec l’habitant dans les activités quotidiennes comme puiser de l’eau, partager les travaux champêtres ou domestiques, prendre soin des malades et des personnes âgées… ;  Par l’invitation aux soirées de représentation des tableaux vivants de la passion de NSJC, des Actes des Apôtres, des premiers martyrs africains…et l’appel à Le choisir et à lui donner sa vie ; Par l’apprentissage aux enfants à mimer des paraboles ou des récits de l’Evangile (l’enfant prodigue, le bon samaritain, Bartimée…) ; Par des célébrations des séances de prière et de la liturgie dominicale.

Tout ceci a constitué la trame de ce premier camp-mission qui a duré 7jours et est devenu le fil rouge de tous nos camps-missions. Le fruit tangible de chaque camp-mission est la mise en place sur le terrain évangélisé d’un groupe de prière témoin de la grâce reçue par le village et chargé de continuer à garder allumée la flamme de la foi renouvelée

Nous considérons que ce camp est la fine pointe du début du Renouveau Charismatique au Togo par l’effusion pleine et mystérieusement répandue pour la première fois sur les membres des groupes de prière en mission.

Emmanuel partage une relecture de cet évènement qui nous dépasse par son ampleur apostolique et l’onction active et forte du Saint-Esprit dans sa réalisation. La fécondité étonnante de ce camp-mission rend bien compte de l’irruption manifeste de Dieu avant, pendant et après l’évènement et sa grâce transformante visible dans les personnes qui se donnent et celles qui la reçoivent.

Nous sommes en Mai 1980. Le projet d’un camp-mission a été décidé. Les premiers contacts pour sa faisabilité ont été pris de part et d’autre. Nous en étions arrivés à la phase de préparation spirituelle. Dans la prière, une sensation pressante me traverse. Je ressens la profondeur de notre dénuement, faiblesse et impuissance à faire face à cet évènement par nous-mêmes ou avec nos seules ressources intérieures. Je réalisais que nous avions véritablement besoin d’être envoyé, ‘’plongé’’ en Dieu pour accomplir cet évènement. Il nous fallait être accompagné d’un soutien spirituel continu venu d’ailleurs, en particulier de communautés priantes. Comme si nous avions à mener ‘’un travail’’, une mission qui dépassait nos forces. Les nôtres, seules, ne pouvaient suffire pour la vivre et l’engager. C’est alors que l’idée d’aller solliciter l’accompagnement spirituel du monastère de Dzogbegan (que je connaissais bien) s’insinua dans ma pensée. Je désirais saisir aussi cette opportunité pour me laver et boire à la Source de vie et me rendre entièrement disponible à Dieu en vue de ce camp. Je pris la route pour le Monastère, seul, mais en ayant pris soin de me confier au groupe et d’encourager les frères à prier et à jeuner pour ce camp.

Arrivé sur les lieux, je tombe sur une retraite en cours prêchée par le P. Michel, prieur du Monastère. Celui-ci me proposa de participer aux derniers jours de la retraite – de vendredi à dimanche – après lui avoir exposé ma quête et présenté l’enjeu du camp en préparation.

Pendant ces 3jours, le Seigneur Jésus me fit connaître son amour sans limites, son immense bonté, et sa fidélité. Je pus découvrir aussi tout simplement l’abîme de ma misère et de mon péché que sa tendresse et sa miséricorde sont venues illuminer. Il me réconcilia avec Lui et fit le serment de me conduire et de me garder en ses voies. Je confessai sa seigneurie sur ma vie dans l’abandon et la disponibilité totale à son service.

C’est au cours d’une prière de demande, le samedi soir, qu’il me fut donner de renouveler les promesses de mon baptême et de remettre entièrement ma vie au Christ. Il est venu se saisir davantage de moi, me ‘’baptisa’’ dans l’Esprit Saint (c’est ainsi qu’on nommait l’effusion de l’Esprit en ce temps là), me plongea dans cet océan de feu et  me revêtit de sa puissance d’amour.  Je reçus à profusion sa grâce et proclamai avec foi sa victoire, sa gloire et son Salut ! Il est venu ‘’fortifier mes genoux chancelant’’, ‘’me fit danser de joie et ouvrit devant moi un passage’’ (Ps. 30).

Pas de révélation extraordinaire, seulement le feu d’une présence aimante et un regard neuf, de bonté et de paix posé sur toute création divine ; c’est aussi un goût renouvelé de la Parole de Dieu devenu la nourriture constante de ma vie.

Je descendis de la montagne avec la forte conviction de n’être plus seul mais habité d’une part, par la jubilation collective des frères « qui sont restés dans le camp » et d’autre part, par la communion du monastère et de la communauté ecclésiale toute entière et qui, du reste, nous mettaient au service de leur mission, au service de ce camp-mission.

Je compris deux choses, à l’issue de cette expérience d’évangélisation et au regard de l’intense rayonnement et des fruits portés – retour des chrétiens au Christ ; mise en place d’un groupe de prière :

  • Que la finalité du don du Saint-Esprit n’était d’abord pas pour notre sainteté personnelle mais avant tout pour annoncer avec puissance l’œuvre de Salut du Christ. En recevant l’Esprit-Saint, Jésus nous fait participants, témoins et collaborateurs de son dessein d’amour pour l’humanité. C’est Lui qui, en Eglise, nous envoie proclamé avec foi et amour la Bonne Nouvelle du Salut.
  • Comme Dieu prit de l’Esprit qui reposait sur Moïse pour le mettre sur les soixante-dix anciens en vue de porter avec lui la charge du peuple d’Israël sans en épargner les deux anciens restés au camp (Nb 11,16ss), de même, le Christ fit reposer abondamment son Esprit Saint sur ceux qu’Il a appelés et envoyés pour accomplir sa mission d’évangélisation à Kpomé bien qu’ils ne furent pas avec moi au monastère. Dieu transcende le temps et l’espace pour donner à profusion, au même moment, son Esprit en vue d’accomplir son œuvre. La seule intention suffit avec une disposition intérieure de communion et de réceptivité. C’est le mystère de la concomitance du Don de l’Esprit Saint.

A la suite immédiate du camp, un groupe moteur constitué des noyaux élargis des deux groupes de S. JO et de S. Antoine de Padoue s’est rassemblé en session de formation pour relire et écouter ce que le Seigneur nous avait fait vivre au camp et approfondir les fondements de la vie des groupes de prière. Au cours de cette session, d’un commun accord, nous primes la décision, avec la grâce de Dieu d’orienter et d’engager nos groupes de prière dans la grâce du Renouveau Charismatique sans pour autant modifier leur appellation. Et pour cela, il nous fallait nous préparer tous à vivre et à demander très concrètement l’effusion de l’Esprit et à entrer dans une consécration totale de nos vies à Dieu.

En août 1980, avec l’accord du P. Michel, une bonne douzaine d’entre nous monta sur la montagne, au monastère de Dzogbégan. Durant toute une semaine de retraite de préparation à partir des thèmes précis du Séminaire de la vie dans l’Esprit, nous fîmes le cheminement progressif d’un attachement plus grand au Seigneur et d’une nouvelle et radicale vie à sa suite sous la conduite du Saint-Esprit. Au terme de ce cheminement, tous reçurent une nouvelle et joyeuse effusion de l’Esprit et furent revêtu d’une onction de docilité et de consécration au Seigneur. Ce groupe fut le premier germe, artisan du Renouveau charismatique au Togo.

L’année qui a suivi, un autre groupe fut également préparé et le P. Michel accepta de venir à Lomé pour la démarche de l’effusion de l’Esprit. Peu à peu la présence du mouvement charismatique, par son exubérance spirituelle, commençait à se rendre visible dans le diocèse de Lomé. Quelques hostilités insidieuses, incompréhensions et résistances nous arrivaient de part et d’autre dans l’Eglise mais cette épreuve nous aidait à demeurer fermes dans la foi au Christ.

Une petite communauté se forma rapidement et se retrouvait beaucoup plus souvent pour prier, cultiver la fidélité à Dieu et consolider le désir de consécration. Une communauté habitée par le feu de l’Esprit, qui portait le témoignage d’une vie chrétienne radicale et de communion fraternelle solide faite de visite fréquente les uns aux autres, de partage et de prière à domicile, d’entraide fraternelle mutuelle… une amitié spirituelle était née entre nous. Nous partagions tous le désir d’une vie entièrement consacrée au Seigneur. Saisis fortement par le Christ, nous n’avions d’yeux que pour Lui. C’est alors que deux ans après, plusieurs d’entre nous, suite à un discernement pastoral, firent le choix de rentrer, qui au Grand Séminaire, qui au Monastère des femmes, qui au Monastère des hommes … Nous y trouvions là l’idéal de la vie chrétienne qui seul pouvait assouvir notre soif du Christ.

Les années qui ont suivi ont été un bel, et pas toujours facile, apprentissage de la marche dans et avec l’Esprit pour permettre aux charismes de s’exprimer au service de l’évangélisation et du témoignage. Nous organisions de façon continue le cycle de préparation de la vie dans l’Esprit à la suite d’un camp-mission. Au moment où certains entraient pour la première fois dans cette démarche de l’effusion de l’Esprit, une formation d’approfondissement de la vie dans l’Esprit permettait aux anciens de progresser.

Année après année de nouveaux groupes de prière du renouveau charismatique catholique naissaient dans les diverses paroisses de Lomé, d’Aného, de Kpalimé, d’Atakpamé, de Kara, de Sokodé, de Dapaong appelant toujours plus une adhésion à Jésus en fidélité à sa parole et à un renouveau spirituel et de vie chrétienne.

Aujourd’hui sur toutes les paroisses des diocèses du Togo existent des groupes de renouveau, même sur les stations secondaires. Dans tous les villages, on trouve des groupes qui se rassemblent une fois par semaine pour partager un temps de prière.

Ce feu des débuts allait recevoir un coup quand en septembre 1982, l’Archevêque annonça qu’il ne voulait pas de groupes de renouveau dans son diocèse. Il veut des groupes de prière et d’apostolat. Il n’interdisait pas les groupes. Il n’a pas mis fin à leurs activités. Désormais les membres des groupes bien qu’autorisés à se réunir pour leurs activités ne pouvaient plus vivre ouvertement certains aspects du Renouveau surtout en matière d’exercice de ces charismes. L’effusion de l’Esprit à partir de ce moment se faisait au Monastère de Dzogbégan dans une semi clandestinité. Dans le même temps, les groupes se fortifiaient de l’intérieur grâce aux retraites et formations. Un coup de pouce viendra d’Amoutivé, le Curé, le Père DRAVIE qui venait de participer à la retraite des prêtres sur le Renouveau à Rome en 1985 décide à son retour de créer un groupe sur sa paroisse qu’il a appelé clairement Groupe de Renouveau Charismatique, l’Emmanuel. Dans ce groupe, les membres vivaient sans crainte de représailles les aspects comme l’exercice des charismes car ils étaient soutenus par leur curé qui était prêt à répondre devant l’évêque de ce qui se vivait. 

La même année, naissait à Kodjoviakopé un groupe qui vivait particulièrement une grande ferveur dans l’esprit sans crainte d’exercice des charismes pendant les assemblées de prière. Les contacts fréquents de ce groupe avec les groupes frères du Ghana fortifiaient les membres. La présence du Curé, Sandro CADELLI au sein du groupe constituait un encouragement pour eux. 
La naissance de ces deux groupes d’Amoutivé et de Kodjoviakopé et leur audace a aidé les autres groupes à sortir de la peur et à commencer par vivre ouvertement tous les aspects du Renouveau charismatique, y compris l’exercice des charismes.

Deux événements vont faire évoluer rapidement les groupes pour les aider à vivre leur identité et à s’insérer dans l’Eglise.

La première fut la préparation du camp mission de Kati. Le Saint Esprit a surpris tout le monde. Pendant la première réunion de préparation qui devait rassembler les participants, lors de la prière, jaillit dans l’assemblée des chants en langues ; ce qui était jusque là inconcevable. Cela a débloqué ceux qui hésitaient à se laisser guider par l’Esprit. Tout le camp a été vécu dans cette docilité à l’Esprit Saint. C’est au retour de ce camp que pendant la messe d’action de grâce, nous avions reçu une prophétie nous invitant à prier pour le Togo. Nous étions en août 1990. Moins de deux mois avant le 05 octobre 1990, début des troubles sociopolitiques au Togo. Après ce camp d’évangélisation, le bouchon a sauté, on parlait librement du Renouveau Charismatique, on commençait à exercer certains charismes comme le don de langues et la prophétie. Les choses vont s’accélérer quelques six mois après avec le cheminement pour l’effusion de l’Esprit Saint dirigé par le Père Isaac GAGLO. Au même moment, le Père Denis AMOUZOU-DZAKPA donnait la formation pour l’approfondissement de la vie dans l’Esprit pour ceux que lui-même avait préparé un an plus tôt à recevoir l’effusion de l’Esprit Saint. Le jour de l’effusion, avec l’arrivée des frères du groupe Lion de Juda de Kodjoviakopé qui osaient déjà beaucoup dans l’exercice des charismes, les nouveaux qui recevaient l’effusion ont reçu l’encouragement suffisant pour se laisser conduire par le Saint Esprit. Ce qui a permis l’accueil des charismes.
Un feu nouveau est né en eux. Ils étaient tous remplis de joie et de zèle pour le Seigneur. Plus personne n’avait peur de se réclamer du renouveau charismatique. Les groupes ont donc commencé par vivre pleinement leur identité de Groupe de Renouveau charismatique catholique. Dans le même temps, un certain nombre de prêtres ont commencé par faire la démarche de l’effusion de l’Esprit. Ce sont eux qui vont encourager les groupes de leur paroisse et aider à l’enracinement ecclésial du Renouveau Charismatique Catholique.
A partir de ce temps, les groupes s’organisent mieux pour leur formation, surtout la préparation à l’effusion de l’Esprit Saint. Dans le même temps, ils se sont ouverts à l’extérieur en participant à des rencontres dans la sous région et au plan mondial. Assise1993, Yamoussoukro 1993, Ouaga 1994, San Giovanni Rotondo 1995, Yamoussoukro 1996, Dakar 1997, Ouidah 1998, Niamey 1996, Yaoundé 2001, Ouaga 2005, etc.
Des prédicateurs de rang mondial sont venus au Togo pour former les membres des groupes : Jean Pliya, Halter, Tardif, Soubeyran. Le Togo a organisé de grandes rencontres sous régionales à Lomé en 1995 et 2003. Tout ceci n’aurait pas été possible si le pasteur de l’Eglise, l’Archevêque ne s’y était pas impliqué. Déjà en 1992, Monseigneur Gbikpi, Administrateur apostolique avait favorisé la venue de Jean Pliya à deux reprises pour former les responsables.
Monseigneur Kpodzro a oeuvré énormément en encourageant la tenue de la rencontre des responsables de la sous région en 1995 et la venue du Père Tardif en 1996. Il a rencontré à plusieurs reprises les responsables avant d’organiser lui-même pour eux une retraite de formation en 2002 avec un prédicateur jésuite le Père Guy Lepoutre.

C’est l’occasion pour nous de bénir le Seigneur pour ces merveilleux pasteurs qu’il a donné à notre Eglise, ces pasteurs qui ont été à l’écoute de l’Esprit pour nous aider à canaliser la grâce d’un renouveau dans l’Esprit.

Nous bénissons le Seigneur pour chacun des frères et sœurs qui se sont donnés pour nous permettre de vivre ce que nous vivons aujourd’hui.

Que le Seigneur soit bénit pour tout ce que nos yeux ont vu, nos mains ont touché, nos oreilles ont entendu et comme le dit le psalmiste, « Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur ».

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